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ARGILE, un artisanat d’exception


Les coupes Argile témoignent d'un savoir-faire que peu de céramistes maîtrisent aujourd’hui : le Neriage ou l’Art des terres mêlées (en japonais nériagué signifie mélange).
Derrière ces objets simples en apparence se cache une technique complexe et minutieuse, la beauté de la matière brute alliée à des décors délicats.

Rencontre autour de l’argile

Valérie Mayeko Le Héno découvre en 2019 dans une galerie de Tokyo, l’œuvre de la céramiste japonaise Mika Sakai. Des bols, des coupelles, des assiettes couvertes à l’intérieur comme à l’extérieur de motifs réguliers ; une collection d’une beauté singulière. Entre les deux femmes, l’entente est immédiate. Ensemble elles imaginent Argile, des céramiques d’exception entièrement faites à la main, en exclusivité pour la CFOC.

Qu’est-ce que le Neriage ?

Pratiqué par des potiers chinois dès le VIème siècle, le Neriage consiste à travailler des blocs d’argile de couleur différentes d’une façon très précise. Les motifs qui décorent les coupelles ne sont pas appliqués de façon superficielle sur la céramique. Ils résultent d’un long procédé d’assemblage de terres aux nuances différentes, ils sont au cœur de la matière ; ils apparaissent au fur et à mesure du travail de l’artisan. 

Une succession d’étapes minutieuses

L’artisan sélectionne des blocs d’argile de couleurs différentes (les teintes définitives n’apparaissent qu’après la cuisson). Il façonne les blocs en plaques fines, les superpose et les découpe en petites pièces qui vont créer le motif décoratif. Ces pièces sont disposées en cercle et la terre est pressée afin de ne plus laisser d’espace. On la laisse reposer une semaine environ. Le cercle est alors déposé sur une meule pour lui donner sa forme finale avant de le laisser sécher et de le cuire une première fois. Il est ensuite recouvert d’un émail transparent puis soumis à une dernière cuisson.

« Je fais d’abord des dessins pour trouver les couleurs et les motifs. Pour créer la terre de base, je combine des terres de couleurs différentes. Puis j’assemble les différentes pièces d’argile comme pour un puzzle et je leur donne une forme avec un moule. Pour éviter les fêlures, il faut respecter les conditions de séchage de la terre surtout lors du moulage ou de la fixation d’une anse. C’est le moment le plus délicat. Je peux prendre dix à quinze jours pour fabriquer une seule pièce. » Mika Sakai

Retrouver la valeur du temps

Mika Sakai a travaillé dans la mode avant de se consacrer à la céramique. Formée par le maitre céramiste japonais Eiji Murofushi, elle voit dans le Neriage un moyen de s’exprimer et de partager ce qu’elle ressent. Cette femme posée travaille de façon intense, intérieure. Rien n’est laissé au hasard, ses gestes se succèdent dans un rythme lent et avec une concentration intense. Chacune de ses créations est unique, les couleurs et les motifs tous différents. Disposées en solo ou à plusieurs, sur la table ou comme objet décoratif sur une console, elles séduisent par leur charme discret.

« Avec ses coupelles, Mika Sakai partage sa passion pour cette terre colorée, son sens du détail, de la matière. Elle nous fait découvrir la beauté d’un geste précis et répété. Elle nous entraîne dans un univers zen, dans un monde où le temps prend une autre dimension. » Valérie Mayéko Le Héno